Federico DE MATTEIS : « l’architecture doit aider à mieux vivre en interaction avec les autres ».
Federico De Matteis est architecte, chercheur-enseignant au centre de recherche CITERA de Rome. Chef de file du projet HOPUS, il souhaite repenser la coopération entre les décideurs publics et les promoteurs privés en créant des “cahiers des charges de la conception”. Des outils de promotion de la qualité urbaine qu’il envisage comme des gages de développement durable.
Federico De Matteis aborde l’architecture comme une science du vivant. Pour lui, il n’y a de constructions durables qu’à condition de placer l’homme au cœur de cette démarche. « Les objectifs de performance énergétique des bâtiments ne doivent pas être dissociés de ce qui impacte le quotidien des habitants. Pour moi, l’architecture doit non seulement améliorer les lieux d’habitation mais également aider les personnes à vivre mieux en interaction avec les autres. »
Dans son domaine – le logement social- il traduit cette philosophie par une recherche constante de la qualité dans toutes ses dimensions (plan d’urbanisme, conception, matériaux, etc.). Et par une démarche participative qui associe acteurs publics et privés, et fait appel aux réflexions et travaux menés à l’étranger. Impliqué et passionné par son sujet, Federico De Matteis contribue lui-même à de nombreuses publications et conférences et est membre du European Network for housing Research.
En 2007, la municipalité de Rome offre à Federico De Matteis l’occasion d’étudier en profondeur les facteurs et les process qui déterminent la qualité du parc immobilier urbain : avec une vingtaine d’autres chercheurs du centre CITERA, il est chargé d’élaborer un cahier des charges de conception appliqué au futur plan de développement des logements publics de la ville. Objectif : fournir aux entrepreneurs privés du bâtiment un document qui leur impose des normes de qualité à respecter et émet des recommandations.
« Il s’agissait d’un projet novateur, non seulement pour l’Italie mais également en Europe où ce type de cahier des charges ne fait jusqu’ici l’objet que d’initiatives isolées. » Durant 8 mois, l’équipe travaille jour et nuit pour livrer un manuel de 500 pages avec des indications à la fois pratiques et flexibles en matière de planification urbaine, de construction des édifices, d’organisation de l’espace et de performance énergétique. Le cahier des charges a été approuvé fin 2007 par la municipalité de Rome et les travaux ont débuté en février 2009.
Une notion de qualité différente en fonction des cultures
Fort de cette première expérience réussie, l’équipe de CITERA souhaite approfondir la méthodologie d’élaboration d’un tel outil. Lorsqu’URBACT lance un appel à projets en décembre 2007, elle saisit cette chance. Chef de file du projet HOPUS, CITERA forme un Groupe de travail pluridisciplinaire constitué de quatre autres universités et de deux structures de gouvernance locales.
« C’est vraiment passionnant de pouvoir confronter les réflexions et travaux de différents pays. » Partant du constat que la notion de qualité diffère en fonction des cultures, HOPUS se focalise sur l’amont de la conception du cahier des charges. Notamment sur la gouvernance et les mécanismes d’acceptation de cet outil par des entreprises privées. « L’un des principaux freins des promoteurs est la crainte d’un surcoût de construction. Afin de pouvoir leur apporter des bénéfices tangibles, nous travaillons sur des systèmes de labellisation de la qualité. Notre objectif est que l’acheteur puisse se référer à des critères précis qui garantissent la qualité. »
Parue en décembre 2008, l’étude “Good Green Safe Affordable Housing » rassemble les premiers résultats du Groupe de travail HOPUS. En avril, ses travaux ont également fait l’objet d’une conférence sur le thème de la Beauté et l’énergie. Gageons que l’énergie communicative de Frederico de Matteis et l’engagement de ses partenaires génèreront des résultats finaux d’une grande qualité !