Au programme : échanges d’expériences, ateliers pratiques, visites de terrain et travail collectif autour des méthodes de participation. Cinq collectivités françaises étaient notamment présentes pour partager leurs expériences et repartir avec de nouvelles idées à mettre en pratique dans leurs territoires.
Trois jours pour apprendre… en faisant
L’URBACT University est l’un des grands rendez-vous du programme URBACT dédié au renforcement des compétences de sa communauté. Son objectif est très concret : donner aux villes des outils et des méthodes directement utilisables dans leurs projets.
Cette édition réunissait les partenaires des 25 réseaux de transfert URBACT. Ces réseaux permettent aux villes européennes de s’inspirer de pratiques réussies expérimentées ailleurs, puis de les adapter à leur propre contexte.
À Cork, les participants ont donc travaillé sur une question centrale : comment mobiliser les bons acteurs, au bon moment, et de la bonne manière ?
Les trois journées ont alterné :
- des temps collectifs et des séances plénières ;
- des ateliers pratiques autour de la mobilisation des parties prenantes ;
- des sessions de travail entre partenaires des réseaux ;
- des visites de terrain à Cork ;
- des temps d’échange et de mise en réseau entre villes européennes.
Il ne s’agissait pas seulement de réfléchir à la participation, mais surtout de tester des méthodes et de les adapter aux réalités locales.
Qui manque autour de la table ?
L’un des fils rouges de l’Université était la mobilisation des parties prenantes, ou stakeholders.
La première étape consiste à se poser une question simple : qui est concerné par notre projet ?
Habitants, associations, entreprises, services publics, acteurs économiques, institutions… Une ville peut réunir de nombreux acteurs autour d’un même projet, sans pour autant mobiliser toutes les personnes qui pourraient contribuer à sa réussite.
Les participants ont ainsi travaillé sur leurs « cartes » de parties prenantes pour identifier les acteurs déjà impliqués, mais aussi ceux qui restent à convaincre ou qui sont encore absents des discussions.
L’enjeu est ensuite de comprendre ce que chacun peut apporter au projet et ce qui peut favoriser ou au contraire freiner son engagement.
De la carte à l’action
À Cork, les participants ont été invités à aller plus loin qu’une classique « stakeholder map ». Il fallait comprendre les motivations, les besoins et les obstacles des différents acteurs pour créer des conditions réelles de participation.
Les travaux menés pendant l’Université ont notamment permis d’explorer la manière de transformer l’intérêt des parties prenantes en participation concrète et durable, en se mettant notamment dans le rôle d’un acteur de son territoire.
Autrement dit : identifier les acteurs est une première étape. Les faire agir ensemble est le véritable défi.
Cork, un terrain d’expérimentation grandeur nature
Le choix de Cork n’est pas anodin. La ville offre plusieurs exemples de projets dans lesquels la participation et l’expérimentation ont joué un rôle important.
Les participants ont notamment pu découvrir la transformation de la Marina, où des dimanches sans voitures ont d’abord été testés comme une expérimentation temporaire. La ville a préféré parler d’« ouverture au jeu » plutôt que de « fermeture à la circulation » pour son projet sur la Marina. En mettant les enfants au centre et en testant temporairement le nouvel usage de l’espace, elle a réussi à mobiliser davantage de familles. Changer les mots peut aussi changer les participants !
D’autres visites ont porté sur :
- Le projet City of Play, qui montre comment le jeu peut devenir un outil de participation et d’appropriation des espaces publics ;
- Le quartier Shandon, où la participation contribue à construire une stratégie urbaine intégrant patrimoine, culture, économie locale et enjeux climatiques ;
- Le parc Tramore Valley Park, ancienne décharge transformée en espace de loisirs, de nature, d’énergie circulaire et de recherche.
Cinq collectivités françaises au rendez-vous
La France était bien représentée à Cork, avec cinq collectivités partenaires de réseaux de transfert URBACT.
- La Métropole Rouen Normandie, engagée dans le réseau We Create Space, consacré à la co-création des espaces publics avec les habitants ;
- La Métropole Aix-Marseille-Provence, partenaire de TactiCity, qui travaille sur l’urbanisme tactique et l’inclusion ;
- La Ville de Mouans-Sartoux, chef de file du réseau Eat4Climate, consacré à la transition vers des systèmes alimentaires durables ;
- L'Eurométropole de Strasbourg, engagée dans Smart Mobility on Demand, autour de la mobilité à la demande entre territoires urbains et ruraux ;
- La Ville de Meylan, partenaire du réseau UNIDAS4EU, qui porte sur la coopération pour lutter contre les violences domestiques liées au genre.
La Commune de Macouria, en Guyane, partenaire du réseau SHIFT-R, n’a pas pu participer à l’événement.
Cette présence française illustre la diversité des sujets abordés au sein des réseaux URBACT : espaces publics, mobilité, alimentation, égalité ou encore innovation territoriale.
Et maintenant, retour dans les territoires !
Après trois jours à Cork, l’enjeu est désormais de transformer les apprentissages en actions locales.
Les participants repartent avec de nouveaux outils pour identifier les acteurs à mobiliser, mieux comprendre leurs rôles et construire des démarches de participation adaptées à leur territoire.
L’expérience de Cork rappelle ainsi une idée essentielle : la participation ne consiste pas seulement à demander l’avis des habitants ou des acteurs locaux. Elle consiste à leur donner une véritable place dans la construction et la mise en œuvre des projets.