For the love of data : comment mieux utiliser les données sociales pour améliorer nos villes ?

Edited on 11/08/2026

Comment mieux utiliser les données sociales au service des villes ? Découvrez le nouveau Knowledge Hub d’URBACT consacré à la gestion des données sociales

Les villes européennes ne manquent pas de données. Aujourd’hui, des capteurs mesurent en temps réel la qualité de l’air, tandis que les systèmes administratifs enregistrent les demandes de logement, les prestations sociales ou encore l’utilisation des services publics. Les habitants répondent à des enquêtes, signalent des problèmes et participent aux consultations.

Pourtant, lorsqu’il s’agit de politiques sociales, de nombreuses villes peinent encore à répondre à des questions essentielles : quels habitants sont réellement concernés par une politique ? Leur situation s’améliore-t-elle, et pour qui ?

Le problème ne réside donc pas dans la quantité de données disponibles, mais dans leur mise en relation et leur utilisation. Trop souvent, les données restent cloisonnées entre les services ou déconnectées des décisions qu’elles pourraient éclairer.

Pour répondre à ces enjeux, URBACT enrichit aujourd’hui sa plateforme de connaissances avec un nouvel espace consacré à la gestion des données sociales. Ce nouveau Knowledge Hub propose des ressources, des analyses d’experts et des retours d’expérience de villes partenaires pour mieux comprendre ce que sont les données sociales, comment les collecter et les gérer, et surtout comment mesurer leur impact.

 

Knowledge Hub - Gestion des données sociales 

 

Partir du problème, plutôt que des données

 

Les données sociales ne concernent pas uniquement les personnes : elles permettent également de comprendre leur environnement. Elles portent à la fois sur les habitants d’une ville et sur les conditions physiques et spatiales dans lesquelles ils vivent, qu’il s’agisse du logement, des espaces verts ou encore de la mobilité.

De nombreuses politiques sociales agissent sur ces deux dimensions simultanément. C’est ce qui fait toute la richesse de ces données, mais aussi toute leur complexité.

Cette approche s’inscrit dans une évolution plus large des politiques urbaines européennes, où les décisions fondées sur des données probantes prennent une place croissante. Le partenariat Cities of Equality, dont l'Agence nationale de la cohésion des territoires est co-coordinatrice, explore ainsi la manière dont de meilleures données peuvent permettre de révéler les inégalités et les différences d’accès aux services. De son côté, la Nouvelle Charte de Leipzig défend une approche intégrée et fondée sur des données probantes pour le développement urbain.

Pour accompagner cette évolution, URBACT propose le « Social Data Policy Cycle », un cycle en quatre étapes qui permet de structurer l’utilisation des données dans les politiques publiques :

  • Diagnostiquer
  • Analyser
  • Décider
  • Évaluer

URBACT - Série de webinaires Social Data Management

 

Bien définir le problème de départ

 

Tout commence par le diagnostic. Avant de chercher quelles données collecter ou quels outils numériques utiliser, il est essentiel de déterminer quel problème la ville cherche réellement à résoudre.

La tentation est souvent de faire l’inverse : installer des capteurs, créer des tableaux de bord ou collecter des données simplement parce que la technologie le permet. Le risque est alors d’accumuler des informations sans qu’elles contribuent réellement à la prise de décision.

Prenons l’exemple d’une ville qui dispose de nombreuses données sur l’utilisation de ses services, mais qui connaît mal les raisons pour lesquelles certains habitants n’y ont pas recours. Une enquête classique ne permettra pas nécessairement de combler ce manque, notamment si les personnes les plus concernées sont aussi celles qui répondent le moins aux enquêtes.

Il peut alors être nécessaire de recueillir des informations autrement : par l’intermédiaire des écoles, des associations, des événements locaux ou des services de proximité, en privilégiant des formats plus simples et accessibles.

Diagnostiquer, ce n’est donc pas seulement identifier les données manquantes. C’est aussi comprendre quelles expériences et quels publics sont absents des données existantes.

 

Transformer les données en informations utiles

 

Une fois les bonnes données collectées, vient le temps de l’analyse. L’enjeu consiste à transformer des chiffres et des informations brutes en indicateurs réellement utiles à la compréhension d’une situation.

Un chiffre pris isolément raconte rarement toute l’histoire. Certains indicateurs nécessitent également d’être interprétés pour comprendre ce qu’ils représentent réellement : c’est notamment le cas d’un taux de satisfaction ou d’un indice de végétation utilisé pour évaluer indirectement la qualité des espaces verts.

Les villes peuvent également croiser différentes sources de données – santé, modes de vie, environnement ou conditions de logement par exemple – afin d’obtenir une vision plus complète d’une situation.

Mais produire des indicateurs ne suffit pas. Encore faut-il que les informations soient accessibles et compréhensibles. Certaines villes développent ainsi des cartographies, graphiques, observatoires ou tableaux de bord publics permettant aux habitants, et pas uniquement aux agents et décideurs, de consulter et d’explorer les données.

 

Passer des données à la décision

 

Disposer de données ne signifie pas nécessairement savoir les utiliser pour prendre de meilleures décisions.

Les villes les plus avancées considèrent leurs politiques publiques comme des démarches qui peuvent être ajustées au fil du temps, plutôt que comme des programmes définis une fois pour toutes. Les données permettent alors d’identifier ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et, le cas échéant, de réorienter l’action.

Cela peut notamment permettre de mieux cibler les interventions, en concentrant les moyens là où les besoins sont les plus importants, plutôt que d'appliquer systématiquement le même dispositif à l'ensemble de la ville.

Certaines villes explorent également l’utilisation de l’intelligence artificielle ou de jumeaux numériques pour mieux comprendre des problématiques telles que l’isolement ou la santé. Ces outils peuvent apporter des éléments d’aide à la décision, mais celle-ci reste entre les mains des professionnels, qui connaissent les réalités et les spécificités de leurs quartiers.

 

Évaluer les résultats et boucler le cycle

 

L’évaluation constitue finalement l’étape la plus importante : qu’est-ce qui a réellement changé, pour qui et dans quelle mesure ?

Mesurer l’impact d’une politique sociale est cependant particulièrement complexe. Les changements sociaux prennent du temps et ne sont pas toujours immédiatement visibles dans les données. Il est donc nécessaire de combiner données quantitatives et qualitatives, et de mesurer les évolutions dans la durée.

L’évaluation doit ainsi être pensée dès le début d’un projet, avec une situation de référence, des indicateurs pertinents et une définition claire de ce que l’on considère comme une réussite.

Son objectif n’est pas seulement de démontrer qu’une politique a fonctionné, mais aussi de déterminer ce qui doit être poursuivi, modifié ou abandonné. Les enseignements tirés permettent ensuite d’alimenter un nouveau diagnostic et de faire évoluer les politiques publiques : le cycle recommence.

 

URBACT - Série de webinaires Social Data Management

 

Les grands enjeux d’une gestion efficace des données

 

Pour que cette démarche fonctionne, plusieurs questions fondamentales doivent être posées : qui est responsable des données ? Qui peut les utiliser ? Et comment protéger les personnes concernées ?

URBACT identifie quatre grands enjeux :

  • Les infrastructures : les systèmes utilisés doivent permettre aux données de circuler et d’être exploitées là où elles sont nécessaires, sans enfermer les villes dans des solutions dont elles ne maîtrisent plus l’évolution.
  • Les compétences : il ne s’agit pas seulement de former des analystes, mais aussi de permettre aux agents publics de comprendre, choisir et piloter les systèmes de données qu’ils utilisent.
  • La qualité et l’éthique : les données peuvent reproduire les inégalités qu’elles cherchent pourtant à révéler. Leur utilisation doit donc être pensée avec précaution et dans un climat de confiance avec les habitants.
  • La gouvernance : il est essentiel de définir clairement qui décide quelles données sont collectées, comment elles sont utilisées, qui peut y accéder et qui en est responsable. Ces enjeux ne sont pas uniquement techniques. La gestion des données est aussi une question politique, qui doit être prise en compte dès le lancement d’une démarche.

Une utilisation efficace des données suppose également de réunir les bonnes personnes autour de la table : les services qui définissent les politiques publiques, les équipes chargées des données et de leur qualité, mais aussi les professionnels de terrain qui connaissent les réalités locales.

Et surtout, les habitants doivent eux aussi être associés à la démarche. Leur participation contribue à déterminer quelles réalités sont prises en compte et quelles données sont collectées. Une communauté qui comprend pourquoi et comment ses données sont utilisées sera également plus susceptible de participer de manière constructive.

 

Un nouveau Knowledge Hub pour accompagner les villes

 

Avec son nouveau Knowledge Hub consacré à la gestion des données sociales, URBACT propose une ressource pour mieux comprendre et mettre en œuvre l’ensemble de ce cycle, du diagnostic à l’évaluation.

La plateforme rassemble également les ressources de la série de webinaires « From social data to better cities », consacrée au Social Data Policy Cycle, ainsi que différents supports complémentaires. Et ce n’est qu’un début : d’autres ressources et outils seront prochainement disponibles.

Pour aller plus loin et découvrir les expériences de villes qui travaillent concrètement sur la gestion des données sociales, nous vous invitons également à découvrir les réseaux de planification d’action 2022-2025, notamment One Health 4 Cities, U.R. Impact, NextGen YouthWork et Cities@Heart.

 

   

Article écrit par l'experte Santamaria-Varas Mar

For the love of data: can social data make better cities? | urbact.eu

 

 

Submitted by on 11/08/2026
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Lauryn Pignarre

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