Agents of the Co-Existence : la participation citoyenne est un processus, pas un projet

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La démocratie locale est en pleine mutation, et comme tout processus de transition, elle connaît des hauts et des bas. La démocratie représentative telle que nous la connaissons depuis de nombreuses années ne semble plus fonctionner aussi bien qu'avant. Face à ce constat, nous cherchons de nouveaux moyens de délibérer qui impliquent plus activement les citoyens dans le processus décisionnel. Les opinions divergent sur le sujet. Certains y sont favorables, d’autres sont plus réticents. Sous l'égide de la ville de Genk, le réseau URBACT Agents of the Co-Existence explorera les moyens d'encourager la participation citoyenne. Il se penchera notamment sur le rôle des fonctionnaires. Peuvent-ils être le pont entre les politiques/les politiciens ("le gouvernement") et les citoyens/les ONG qui veulent être plus et mieux impliqués dans la prise de décision ? Et si oui, quelles sont les aptitudes et les compétences dont ces "fonctionnaires du 21e siècle" ont besoin pour jouer ce rôle ?

 

Améliorer la participation des citoyens

Dans le réseau URBACT Agents of the Co-Existence, neuf municipalités ont uni leurs forces pour améliorer la participation des citoyens. Sur la base d'expériences antérieures, elles cherchent des moyens d'impliquer les citoyens dans la prise de décision. Certaines ont déjà des années d'expérience, d'autres ne font que commencer, mais elles sont toutes convaincues que l'implication des citoyens dans la prise de décision est la voie à suivre pour une société civile en pleine forme au XXIe siècle.

La mise en place d'un budget participatif est un bon exemple de participation citoyenne. C'est un moyen de permettre aux citoyens de développer et de mettre en œuvre des idées pour le bien commun de leur quartier ou de leur ville. Il existe également plusieurs exemples d'assemblées de citoyens au sein du réseau. Certaines d'entre elles ont obtenu d'excellents résultats, d'autres n'ont pas aussi bien fonctionné.

Apprendre de ses erreurs

Apprendre des bonnes, mais aussi des mauvaises pratiques est essentiel. C'est pourquoi le réseau a créé sa propre "'OOPS challenge cup'", une coupe décernée à la ville ayant la "meilleure mauvaise pratique", c'est-à-dire un mauvais exemple de participation citoyenne dont on peut tirer le plus d'enseignements. La première édition du "prix OOPS" a été décernée à la ville de Gdańsk (PL) pour avoir partagé les défis auxquels elle a été confrontée lors de la troisième édition de son assemblée citoyenne. Bien que les deux premières éditions de leur assemblée citoyenne aient été couronnées de succès, ce ne fut pas le cas pour la troisième. L'une des raisons de cet échec est liée à la thématique qui n'était pas clairement définie. Cela a conduit à des recommandations vagues et trop difficiles à mettre en œuvre, ce qui a de nouveau suscité le découragement et la méfiance des citoyens. En conséquence, une grande partie de la bonne volonté créée par les assemblées précédentes s'est perdue en cours de route. Cet exemple montre clairement que les choses peuvent rapidement prendre une mauvaise tournure dans le cas où le processus de participation est défaillant.

Le rôle des fonctionnaires

Comme mentionné ci-dessus, l'un des principaux objectifs du réseau Agents of the Co-Existence est d'examiner le rôle des fonctionnaires. Les études montrent qu'en général, tous les acteurs impliqués dans la démocratie locale sont en faveur d'une prise de décision plus participative, qu'il s'agisse des hommes politiques, des citoyens de la société civile ou des fonctionnaires. Les fonctionnaires considèrent qu'il est important d'impliquer les citoyens dans le processus décisionnel, cependant, ils préfèrent "consulter les citoyens" plutôt que de leur donner un pouvoir de décision. Cela n'est pas si étrange, étant donné que les fonctionnaires sont généralement des experts dans leur domaine et qu'ils ne sont pas formés ou habitués à s'appuyer sur l'expertise du grand public. En outre, le "système" ne permet pas toujours aux fonctionnaires d'impliquer facilement les citoyens dans le processus décisionnel. Ces caractéristiques de l'administration de l'ère industrielle constituent des obstacles au changement sociétal :

     - un état d'esprit rigide (pas de place pour l'improvisation ou pour faire les choses différemment)
- une vision à court terme (le projet doit être achevé le plus rapidement possible, pas de temps à perdre)
    - la prise de décision incrémentale (qui est le véritable décideur ?) - la
mise en œuvre en silos (qui donne aux employés un sentiment de stabilité)

Si l'on tient compte de ces caractéristiques, on comprend aisément pourquoi il est difficile d'engager les fonctionnaires dans des processus de participation avec les citoyens sur des sujets dont ils sont responsables.

La participation citoyenne nécessite des changements systémiques

D'une manière générale, nous constatons que les vieilles habitudes en matière de prise de décision dans le secteur public font souvent obstacle à une coopération efficace entre les citoyens et le gouvernement. Il apparaît que les méthodes existantes ne fonctionnent plus efficacement, mais qu’il est très difficile d'introduire de nouvelles méthodes. À la place de procéder à un changement systémique, nous avons tendance à opter pour ce qui semble être l’option la moins risquée : introduire de nouvelles méthodes de travail par le biais de projets pilotes. Si le projet pilote fonctionne, nous le copions pour d'autres projets, sinon, nous laissons alors les choses telles quelles. C'est ce que montre l'exemple de Gdańsk et de ses assemblées citoyennes.


En réalité, pour une véritable transition, nous avons besoin de ce changement systémique : un comportement différent de la part des hommes politiques, des fonctionnaires, mais aussi des citoyens et de la société civile. Chacun d'entre nous a un rôle à jouer dans l'ouverture du processus décisionnel.

Au cours des deux prochaines années, le réseau Agents of the Co-Existence se concentrera sur l'amélioration des aptitudes et des compétences du personnel communal tout en créant de nouvelles structures organisationnelles afin de stimuler la participation citoyenne et de créer une base plus solide pour la démocratie. Car, comme l'a déclaré le maire de la ville de Genk, Lead Partner du réseau, lors du coup d'envoi de la première réunion du réseau en novembre : "La participation citoyenne est un processus, pas un projet !"

Adapté d'un article écrit par AnjaH26 le 05/12/2023

 

Submitted by Fabian Massart on 20/12/2023
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Fabian Massart

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